John Welles, à Sorel et au Nord-Ouest.

Vers 1771 est né John Kent Welles. Il était le fils unique de John et de Angélique Réaume, mariés à l’église anglicane Christ Church de Montréal en 1770.

John Welles, père, était partenaire de Benjamin Frobisher, marchand de fourrures, dont l’identité se confond désormais avec le commerce des fourrures et son expansion vers le Nord-Ouest. Leur objectif était d’étendre le commerce de la fourrure au-delà du lac Supérieur avec Joseph Frobisher ainsi que Richard Dobie.

Nous savons peu de choses sur l’adolescence de John Kent Welles, autre que son père, Loyaliste, dû s’enfuir au Fort Albany, New York où il y décéda le 8 décembre 1780. John Kent n’aura que 9 ans lorsqu’il hérite de la succession de son père.

En 1798, un nommé John Willis apparaît à titre de partenaire de la Compagnie XY, créée à cause d’un conflit entre les Hivernants et les agents de la CNO, sous la gouvernance de Simon McTavish

Quelques années plus tard, au Fort Gibraltar, John Willis prend Josepthe Grant comme épouse à la façon du Pays. Josephte serait la fille du marchand de fourrures Cuthbert Grant, senior et de Utiwanasis de la Nation Crie et la soeur du Chef Métis Cuthbert Grant.

Comme il n’y avait aucune église dans cette partie du Nord-Ouest avant l’arrivée du vicaire-général Joseph-Norbert Provencher en 1818, aucun registre existe des naissances du couple de John et Josephte. Ce n’est que grâce aux mariages de leur progéniture que nous pouvons constater leur existence:

Edouard Wills, marié à Isabelle McGillis, fille de Angus et de Marguerite Notmikabaw:

Johny Wells et Marie McKay, fille de John et de Henriette Ballantyne

Aucun acte de mariage entre Émilie et Alexandre Breland n’a pu être retrouvé. Cependant, le résultat des recherches de Gail Morin, publié dans son livre “Country Wives: Josephte Grant Wife of John Wills and Pierre Latour” ne laisse aucun doute sur la paternité d’Émilie.

Dans le livre “Documents Relating to the North West Company”, publié par “The Publications of the Champlain Society” en 1934, John Wills est élu membre de l’illustre Beaver Club de Montréal en 1807:

Toujours selon même livre, les minutes d’une réunion indiquent que John Wills serait envoyé à Montréal en 1808:

Nous apprenons que le 8 février 1808, John Kent Welles fût nommé comme remplaçant du second mari de sa mère, Samuel Phillips, à titre d’assistant du Député du greffier de la Chambre située à Québec. Samuel Phillips décédera en août de la même année.

Quelques jours plus tard, soit le 13 février, John Kent Welles fera baptiser deux filles: Angélique Adélaïde, âgée de 8 ans et Agathe Léocadie, âgée de 6 ans. L’acte de baptême indique qu’elles sont ses filles naturelles et omet le nom de la mère.

En 1811, John Kent Welles devint agent seigneurial et maître de caserne de la communauté William-Henry, qui fût le nom que les Loyalistes Anglais donnèrent à Sorel durant la courte période entre 1787 et 1845.

Nous retrouvons John Wills, de retour au Nord-Ouest en 1810:

En 1814, John Wills est remplacé comme agent de la Compagnie du Nord-Ouest. On indique qu’il est si malade qu’on ne prévoit pas qu’il survive l’hiver à la rivière Rouge.

Le décès de John Wills est assumé en 1814-1815, mais aucun registre officiel ni notes de son enterrement sont retrouvés.

Nous pouvons constater que Angélique Réaume Phillips, mère de John Kent Welles, quitte Québec pour s’installer à William-Henry en 1818.

Le 5 août 1822, les deux filles de John Kent Welles se marient à deux cousins: Angélique s’unit à Sauveur St-Martin et Agathe s’unit à Antoine St-Martin. Les actes de mariage ne fait toujours pas mention du nom de leur mère.

Le 17 juin 1823, John Kent Welles et sa mère Angélique Réaume Phillips fûrent parrain et marraine de Angélique St-Martin, fille de Angélique Welles et Sauveur St-Martin.

Angélique St-Martin maria Gilbert Beaugrand-Champagne, fils de Alexis et Josephte Vandal en 1841.

Le 28 mars 1824, John Kent Welles fût le parrain cette fois de sa petite fille Marie Sophie, fille de Agathe et Antoine. Marie Sophie, 47 ans, est désignée célibataire habitant à Sorel avec son frère Félix au recensement de 1871.

Angélique et Sauveur St-Martin eurent six enfants, tandis que Agathe et Antoine St-Martin en eurent huit. Plusieurs actes de baptêmes donnent le surnom de Willis aux deux soeurs.

La mère de John Kent Welles, Angélique Réaume, décède en mars 1826 et est inhumée à Sorel. Nous notons ici que son fils est absent de l’acte de sépulture. La cérémonie est célébrée par le Lamotte, vicaire de la paroisse de Ste-Geneviève-de-Berthier, et que le Sieur de Berthier, James Cuthbert y est présent.

John Kent Welles décède le 14 mars 1846 et fût enterré le 16 mars.

John Kent Welles laissa un testament olographe, reçu par le notaire Henri Crebassa le 18 mars 1846.

Henri Crebassa était le notaire de George Nelson ainsi que de plusieurs agents, marchands, Voyageurs et Hivernants. Nous retrouvons plusieurs contrats notariés par Me Crebassa dans le registre des contrats des Voyageurs du Centre du Patrimoine de la Société historique de Saint-Boniface.

«Je soussigné John Kent Welles déclare que ci après suivent mes dernières volontés. Je désire mourir dans le sein de l’Église Romaine dont je suis membre. Je désire qu’après mon décès mon corps soit décemment inhumée le plus simplement je désirais être mis dans l’Église auprès de ma bonne mère me reposant la dessus sur mes exécuteurs testamentaires. Après mes dettes payées et mes torts réparés s’il en existait quelques uns. Je donne et lègue à mon filleul Gordon John MacArdle et Marguerite Livernois tout ce qui pourrait rester de ma succession pour lui être appliqué en la manière que mes exécuteurs testamentaires trouveront la plus convenable. Je nomme pour exécuter mes dernières volontés. Messire Jean-Baptiste Kelley prêtre le curé de Sorel, Robert Harrower écuyer agent de bateaux à vapeur de John Molson et John Crebassa écuyers tout trois résident dans le Bourg de William Henry lesquels je prie bien de vouloir me rendre se service. Fait sous seing et sceau à William Henry le 15 juillet 1839. Signé John Kent Welles

John Kent Welles ne nomme pas ses enfants comme héritiers. Nous n’avons pu retrouver Gordon John MacArdle et Marguerite Livernois afin de comprendre la relation.

Il est intéressant de constater que un des exécuteur testamentaire de John Kent Welles, John Crebassa, fût aussi commis pour la Compagnie XY. En tant que agent, il construisit le Fort Pembina en 1801 et était au poste Bas de la Rivière en 1816. (source: My First Years in the Fur Trade de George Nelson, Laura Peers, Theresa Schenck)

Plusieurs coïncidences entourent John Wills et John Kent Welles. Leur vécu individuel semble se confondre en une identité simple. John Wills serait-il décédé en 1815, ou serait-il retourné en permanence dans l’est?

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